Rencontre avec une Ferme d’oléiculture qui vit au rythme de la terre.

Rencontre avec une Ferme d’oléiculture qui vit au rythme de la terre.

Petite trouvaille sur Park4Night, la ferme Perle de Provence. Nous étions en recherche de savon de Marseille pour faire notre liquide vaisselle et notre lessive et nous sommes tombés chez ce charmant producteur d’huile d’olive avide de partager son savoir sur sa région et son métier.

Les techniques d’Antan toujours aussi efficaces

            Nous avons pu voir le travail de la récolte des olives qui se faisait à la main avec un peigne. Les fermes intensives utilisent des tracteurs avec des bras articulés qui secouent le tronc des oliviers afin de faire tomber les olives. Il existe également des machines vibrantes que l’on peut placer sur les branches afin de décrocher les olives. Cependant, la Perle de Provence considère que ces méthodes sont trop brutales et stressantes pour les arbres. C’est pour cela que la récolte se fait à la main avec le peigne et des filets pour rattraper les olives, comme d’antan.

Les Olives de Provence, pas l’abri des dérèglements climatiques.

            À la ferme, le propriétaire nous explique qu’ils proscrivent les produits chimiques. Ceci fait que les rendements peuvent être très inégaux. Il y a 10 ans environ, la production d’olives s’élevait à environ 10 à 12 tonnes par an. Aujourd’hui elle dépasse rarement les 8 tonnes et se situe habituellement autour des 6 tonnes. Mais cette baisse s’explique surtout par les changements climatiques que la région subit : de fortes canicules en été, des hivers irréguliers, la présence accrue de mouches qui pondent des larves dans les olives… A l’évocation de ces expériences, on ne peut s’empêcher de penser que le changement climatique est bel et bien arrivé en France il y a des années.

Vivre au rythme de la Terre, elle te le rendra

            La Perle de Provence laisse ses terres tranquilles : pas de pesticides, pas de désherbants, pas d’engrais. La différence avec les terres avoisinantes n’est que trop visible. La terre est à nu chez le voisin. A la moindre pluie la terre s’y dérobe avec l’eau qui ruisselle et laisse la place à de la caillasse. De plus, le niveau du terrain de la Perle de Provence est 10 à 15 centimètres plus haut. Le fait de laisser la biosphère des champs tranquille permet à la terre d’éponger l’excédent d’eau. Cela permet aussi de maintenir la terre en place lors des crues, de rester humides pendant les périodes de sécheresse.

            De même, ils laissent la terre s’auto-gérer : lorsque des branches ou des plantes meurent, elles sont laissées sur place pour se décomposer naturellement et alimenter les plantes avoisinantes. La Perle de Provence s’est associée avec d’autres producteurs qui fonctionnent de manière raisonnée afin de vendre leurs produits. Il y a notamment un viticulteur qui ne fait fermenter son vin qu’avec les levures présentent naturellement dans le raisin. Certaines années, le raisin fermente assez rapidement dans les cuves. D’autres, comme la récolte de 2016, ne fermente qu’au bout de 2 ans, lors de la canicule qui a activé les levures. Comme quoi, lorsque l’on travaille au rythme de la nature il faut savoir être patient… mais le résultat en vaut la peine, leur vin est délicieux.

L’huile d’Olive un délice, ou devrais-je dire les huiles des olives

            La ferme étale la période de récolte des olives de septembre à janvier. Les olives vertes sont récupérées de septembre à novembre et les olives noires entre décembre et janvier. Les olives noires sont en effet des olives vertes plus mûres et pour qu’elles soient naturellement noires doivent être récoltées en hiver. Après la récolte, la ferme transforme les olives en huile lorsque la qualité des olives est bonne. Ou en savons lorsque les olives sont de moins bonne qualité ou en trop petite quantité.

Ceci leur permet de produire différents types d’huiles : huile d’olive verte, plus douce en bouche, huile d’olive noir, plus forte… Un délice de découvrir ces huiles et leurs parfums en bouche comme on gouterai un bon vin. Une petite gorgée d’huile d’olive verte et ses arômes de plantes de tomates… Nous voilà transporté au mois de juin à déguster une salade de tomate-mozza au milieu des cigales.

Alors si vous passez par Salon de Provence. N’hésitez pas à faire un détour par la Perle de Provence pour faire le plein d’huile d’olive, de vin bio et de savon. Si vous voyagez en van, le propriétaire vous accueille sur ses terres au milieu des oliviers et des vignes.

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