Léo – L’aménagement de notre Van (Partie 1)

Léo – L’aménagement de notre Van (Partie 1)

Léo. Un prénom court pour un grand utilitaire. Pour être plus précis, un Peugeot Boxer. À l’achat, c’était déjà un bon gros bébé. Plus de 6 mètres de long, presque 3 de haut et un peu plus de 2 mètres de largeur aux hanches. Il appartient donc à la dénomination L4H3. Mais malgré ses dimensions et notre manque d’expérience en matière de conduite de tank, nous l’avons tout de suite adopté avec ses 95 000 kilomètres au compteur et ses 180 chevaux (c’est quand même fou tous ces chevaux sous un si petit capot !). Nous sommes allés le chercher en Alsace, chez son ancien propriétaire.

Le menuisier qui nous a vendu son fourgon en avait pris grand soin : pas de rouille sous le châssis, tous les phares en bon état, pas de chocs à la carrosserie. Bref, il avait bien rentabilisé son assurance Peugeot en remplaçant chaque pièce qui devenait défectueuse. Nous avons donc hérité d’un van en bonne santé. À peine reparti de Colmar nous avons fait plus de 500 kilomètres, le temps qu’il faut pour nous habituer à la conduite et le ramener en Normandie pour démarrer son aménagement.

Notre van sur le retour de Colmar 🙂

Le nettoyage

Première étape, enlever tous les caches en plastique et en contreplaqué pour ne laisser que la tôle et les structures du van. L’étape la plus compliqué (et encore) fut le démontage de la cloison de séparation entre la cabine et l’habitacle. Cette mise à nue nous a permis de repérer les endroits où il y avait de la rouille. Ça nous a surtout donné les dimensions exactes de l’intérieur du van. Tout ça pour vérifier nos plans papier. Et voir si les idées que nous avions en tête étaient faisables en vrai ! Notre astuce pour visualiser nos plans: nous avons tendus des fils de mur à mur et de plafond à sol pour simuler les cloisons et les meubles. Pour l’instant, tout allait à peu près bien.

Les ouvertures

Deuxième étape, la pose des fenêtres. Pour un Mr. Pas Bricolage dénommé Quentin, manier une meuleuse angulaire n’était pas simple (d’ailleurs il n’y a pas d’angles sur une meuleuse angulaire, c’est même plutôt arrondi…). Nous avons commencé par le lanterneau à l’endroit où la tôle s’y prêtait le mieux. Et pour être sûr qu’il n’y ait pas de fuite, une bonne dose de Sikaflex 512. Puis par ordre croissant de taille de fenêtre nous avons posé :

  • La petite fenêtre carré de la chambre sur la porte arrière 
  • La fenêtre de la cuisine sur le côté gauche (après avoir validé avec Peugeot que l’on pouvait buriner le renfort anti-vibration )
  • La grande fenêtre du salon sur la porte latérale

Nous avons terminé de découper la tôle de ce pauvre Léo à la scie sauteuse pour poser le ventilateur. En effet, la tôle est gondolée sur le toit et se prête moyennement à la découpe à la meuleuse angulaire. Surtout pour un Mr Presque Bricolage.

L’isolation

Troisième étape, l’isolation. Nous avons opté pour une isolation écologique. Tout d’abord, il fallait remplir les structures du van de coton en vrac. Pour ça, rien de mieux que des fibres de jeans qui sentent le chien mouillé dans cette chère humidité normande et un crayon à papier (astuce 😉 ) pour bien le pousser dans les trous des structures. Ensuite, il a fallu recouvrir la tôle. Écologie oblige, pas de de pose rapide d’armaflex. On opte plutôt une longue session collage de rouleau de liège (2mm) sur toute la tôle à l’intérieure du van afin de limiter la condensation. Le rendu liège était particulièrement sympa (on aurait peut-être dû s’arrêter là, c’était joli).

Les parois du van intégralement recouvertes de liège en rouleau pour limiter la condensation

Finalement, nous avons comblé les renfoncements de biofib (5 cm). Ce sont des dalles de laine de chanvre, lin et coton, que nous avons fixé avec des tasseaux. Le tout a été recouvert d’un pare-vapeur isolant. Précisons quand même qu’aussi efficace soit-il, le pare vapeur est particulièrement désagréable à poser, surtout en pleine canicule : il reflète le soleil bien plus qu’un miroir, pèse le poids d’un âne mort et contient des fibres qui se plantent partout comme des aiguilles. Bref, une fois posé ça allait mieux !

Pour le sol, nous avons utilisé un revêtement plastique (de récup) pour s’assurer qu’il soit étanche afin d’éviter la condensation directement sur la tôle et risquer de rajouter de la rouille. Ensuite, pose de dalles de liège expansé §6cm). Pour la plupart c’était assez rapide. Pour quelques-unes, un peu plus long : il a fallu les découper selon les courbes (petit sifflement) de Léo. Le liège étant fragile, nous l’avons recouvert en réutilisant le sol en OSB que l’ancien propriétaire avait mis après un bon nettoyage et un coup de vernis isolant. Puis comme pour tout le reste du van, une couche de liège 2mm avant de le recouvrir d’un lino pour faciliter le nettoyage de notre future maison. Ce n’est pas le plus joli, mais facile à poser et à nettoyer (activité très récurrente en van 🙂 ).

À l’attaque des structures

Pour les étapes suivantes nous avons dû réfléchir à deux fois : où placer les structures qui tiendrait le lit, le dressing, la salle de bain et les meubles de cuisine ? Où faire courir (enfin poser, ils n’ont pas de pattes) les câbles électriques ? Comment allions-nous faire tenir les parois de contreplaqué ? Bref autant de questions que de potentiels problèmes. Pas toujours facile quand on est novice, mais on tenait bon!

Avant d’attaquer l’habillage, il fallait créer la structure du lit. En effet, nous avons décidé de nous servir de la structure du van pour renforcer notre aménagement. Les tasseaux transversaux (7x3cm) qui supportent le lit et le dressing, reposent sur les renforts du lit et des pieds au milieu (pour être sure de ne pas se retrouver dans la soute en pleine nuit…). Les pieds ont aussi permis de créer la structure sur mesure de notre lit qui n’est pas rectangulaire (il fait 130cm à la tête et 105 aux pieds, idée emprunté aux cabines de bateau).

C’est à ce moment que nous avons pu finalement avoir une idée de l’espace salon. Petite pause pour admirer notre espace lit. Ensuite, nous avons fait les mesures pour rectifier les plans aux dimensions que nous avions physiquement (parce que rêver c’est bien beau mais de temps en temps il faut retourner à la réalité). A partir de là, nous savions où placer nos câbles électriques après avoir recalculé pour la 15ème fois les sections adéquates pour éviter un court-circuit.

La structure du lit qui repose sur les renfort du van

            Dernière étape avant d’attaquer l’habillage des parois, s’assurer d’avoir bien fini toutes les découpes nécessaires dans la carrosserie :

  • La coupelle de remplissage pour l’eau
  • La prise pour le raccord 220V
  • Aérations basses dans le compartiment batteries et sur la porte latérale
  • Cheminée du chauffe-eau

La perceuse et la scie sauteuse ont été utiles pour réaliser ces petites découpes.

Pose des murs et meubles

Afin de nous faciliter la tâche nous avons décidé de poser les plaques de contreplaqué à l’horizontale pour éviter de devoir trop faire de découpes. Ce n’est qu’à ce moment que nous avons réalisé notre erreur : les tasseaux étaient cachés derrière le pare vapeur! Visser le contreplaqué aux tasseaux est devenu une partie de cache-cache. Marrant au début, beaucoup moins quand on commence à transformer le contreplaqué en gruyère. Heureusement, on a plutôt bien visé (il reste quand même un trou de vis dans la cuisine en souvenir 😉 ). Mais nous avons quand même réussi à fixer les parois de contreplaqué malgré les découpes à faire pour laisser passer les tasseaux du lit et les tiges filetés au plafond.

Oui parce que pour les meubles hauts, nous avons choisi de fixer des fers plats percés de tiges filetés aux renforts du plafond en tout début d’aménagement. Alors oui ça n’a pas été facile de percer puis poser le contreplaqué au plafond en visant les 8 trous des tiges filetés. Mais nos meubles hauts ont été plutôt simple à fixer par la suite et aujourd’hui on ne craint pas qu’ils tombent.

À partir de là, nous avons pu vite commencer à monter les structures des meubles :

  • Monter la structure du lit et les structures des meubles se situant en dessous
  • Monter la structure du dressing et des étagères
  • Construire le canapé-lit (grâce a un système de peigne) et les rangements dessous
  • Construire les meubles de la cuisine, les placards, les étagères et faire le plan de travail
  • Monter les meubles de la salle de bain, les toilettes
  • Construire la capucine

Ensuite, il nous a fallu se décider à finaliser les meubles haut :

  • Prévoir les trous pour passer les câbles des spots pour la cuisine
  • Mettre des rebords afin d’éviter la chute des objets dans les meubles et respecter les normes VASP
  • Mettre des portes sur les meubles haut de la cuisine avec leurs poignées et les loquets

Finition des meubles

Concernant la partie basse, rien de bien difficile. Mais il nous fallait réfléchir à des astuces pour optimiser la place et le poids du van (et un peu aussi le budget qu’on se le dise). Par exemple, un système de rail DIY qui permet de faciliter le rangement des vélos sous les lattes du lit (en palettes, vive l’upcycling). 

Finalement, construire les structures des meubles a été assez rapide et plutôt fun. Nous avons finalement pu ajouter les portes des meubles, faites en bois vernis. A ce stade, notre van commençait vraiment à ressembler à une vrai maison sur roues. Et franchement, heureusement parce qu’avec la fatigue accumulée, il nous fallait bien quelques récompenses visuelles pour trouver la force de continuer.

Nos meubles terminés 🙂

Il était temps de passer à la partie technique : La plomberie et L’électricité. que nous verrons dans une seconde partie!

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