Le co-voiturage de proximité, une option de transport éco-responsable et conviviale.

Le co-voiturage de proximité, une option de transport éco-responsable et conviviale.

Cocliquo : initiative de co-voiturage entre voisins

En direction de la Bretagne, nous faisons une halte par la ville de Orvault, au nord de Nantes. Cette ville héberge une initiative durable joliment nommée CoqueliquO. C’est un système de bornes de covoiturage citoyen. On trouvait l’idée plutôt sympa alors on a décidé d’aller voir comment ça marche et surtout si ça marche. 

Notre premier réflexe est d’aller voir les commerçants, direction la boulangerie. Malheureusement, la boulangère n’est pas du village et ne connaît pas le dispositif. Le plus simple est d’aller directement à la mairie d’Orvault pour en savoir plus sur ce dispositif. On m’accueille avec le sourire, curieux d’en savoir plus sur nos motivations. L’hôtesse d’accueil contacte directement la responsable développement durable qui m’accueil avec plaisir dans son bureau. C’est aussi simple que ça J

Qu’est ce que CocliquO ? 

CocliquO, est un projet de covoiturage entre quartiers. Des bornes de covoiturages ont été installées dans la ville.  Les covoitureurs sont identifiables par des autocollants sur leurs véhicules et les covoiturés possèdent des  cartes de membres pour utiliser le service. 

Carte de membre CocliquO

Ce projet a été proposé par l’association locale « Les Ateliers Ecolo-citoyens d’Orvault » dans le cadre d’un appel à projet citoyen proposé par la ville. 

CocliquO signifie « Covoiturage Citoyen de LIaison entre les QUartiers d’Orvault ». C’est un moyen simple, écologique et conviviale qui permet  de faciliter les déplacements des habitants dans une ville où la fréquence des transports en commun est irrégulière.

L’initiative est pleinement opérationnelle depuis septembre 2018. Cependant pour des raisons budgétaires, toutes les bornes prévues n’ont pas pu être installées. 

Borne CocliquO dans le centre d’Orvault

Concrètement comment ça marche ? 

Vous souhaitez vous rendre dans Orvault ? il suffit de se rendre à la borne CocliquO la plus proche de vous, d’apposer votre carte de membre sur la destination de votre choix et d’attendre un citoyen qui acceptera de vous conduire jusqu’à votre destination.

Ce système permet de créer un climat de confiance dans la pratique de l’auto-stop. L’autre avantage est qu’il permet d’apprendre à connaître ses voisins de manière conviviale. 

Après 18 mois de test, quels sont les retours sur ce dispositif ? 

Le dispositif est piloté par l’association « Les Ateliers Ecolo-citoyens d’Orvault »  depuis ses débuts. Le rôle de la mairie a été de faciliter sa mise en place sur le territoire. Mais également de faciliter la communication avec la métropole Nantaise. La mairie a aussi financé le projet à hauteur de 1250€. 

Coté communication, la ville promeut régulièrement l’initiative via de l’affichage et les outils de communication numériques. Il n’y a pas eu d’évènementiels particuliers pour présenter le dispositif aux habitants. 

Borne secondaire de covoiturage CocliquO à Orvault

Aujourd’hui, le service est utilisé par des passagers et des conducteurs adhérents au dispositif. Mais il est aussi utilisé par des personnes non membres, qui utilisent les bornes comme borne d’autostop. Les conducteurs ne sont pas non plus toujours membres. Mais les bornes sont assez claires pour permettre à n’importe quel automobiliste qui le souhaite d’accueillir un passager pour un trajet court. Le système CocliquO améliore vraiment le climat de confiance, qui manque parfois à certains dans l’auto-stop classique. 

Pourtant, il semble que la fréquentation des bornes soit assez inégales, d’une borne à l’autre et que le nombre de trajet reste plus faible que les prévisions de départ. Cela peut être dû au fait que le maillage de bornes initialement prévue n’a pas pu être réalisé pour des raisons de budget. L’objectif pour les prochains mois et de rendre les bornes secondaires plus visibles pour améliorer l’utilisation du dispositif par les citoyens. 

Pourquoi un tel dispositif est difficile à mettre en place aujourd’hui?

La responsable du développement durable m’explique qu’il est difficile de généraliser un tel système car cela ne rentre pas dans le cadre de l’affichage urbain classique et qu’il faut faire un pas de côté par rapport au système déjà en place. Pourtant, c’est un processus nécessaire pour changer les habitudes vers des fonctionnements plus durables. La mairie d’Orvault encouragent les citoyens via les appels à projet à proposer des initiatives. C’est une étape importante pour accompagner le changement et intégrer les citoyens dans ces changements éco-responsables. 

A Orvault et ailleurs, les français continuent à utiliser la voiture comme mode de transport principal même quand d’autres modes de transport sont disponibles. Que ce soit par manque de temps ou manque de connaissance des impacts et des alternatives, la voiture reste le principal mode de transport, le plus souvent pour ne transporter qu’une seule personne… Pour de nombreuses raisons, il est urgent de changer ! (voir l’infographie de l’ademe, lien en fin de l’article)

L’avenir du dispositif Cocliquo? 

Malgré un résultat mitigé dans la ville d’Orvault, la ville d’à côté, Sautron, a adopté le dispositif sur tout son axe principal d’une longueur d’une dizaine de kilomètres il y a quelques mois. La ville qui manquait de transports en commun avec une fréquence régulière, a choisi de se tourner vers cette solution écologique. Il faudra attendre quelques mois d’utilisation pour savoir si les Sautronnais ont adopté le dispositif dans leurs habitudes de vie. 

Borne de covoiturage de Sautron

Pourquoi un tel dispositif est utile ? 

Aujourd’hui, les transports constituent la première source d’émissions de gaz à effet de serre (GES) en France soit 30%. A l’heure du boycott de l’avion, c’est bel et bien les voitures, la première source d’émissions de GES en France avec 15,7%, c’est plus que tous les autres modes de transports réunis sur le sol Français (source Ademe, 2019). Et les chiffres ne s’améliorent pas (+11% en 30 ans). Pourtant, la réduction des émissions de CO2 est LA clé pour limiter les dérèglement climatiques actuels et à venir.

Les GES dans les Transports en France

Mais a-t-on vraiment autant besoin de nos voitures alors que d’autres solutions existent ? 

Selon une étude de 2017, 70 % des Français vivant en milieu rural et à 54 % des Français vivant en zone urbaine déclarent que la voiture leur aient indispensables. Pourtant, en France, la moitié des trajets font moins de 5 km. En ville, 40 % des trajets quotidiens en voiture font même moins de 3 km ! On parle de trajet qui en vélo prendrait une dizaine de minutes ou 30 minutes à pied… Quand on réalise qu’il y a en moyenne 1,25 passagers par voiture, c’est là que des solutions comme CocliquO prennent tout leur sens. Pourquoi ne pas avoir recours au covoiturage pour ces trajets courts?

Certes, cela demande un peu d’organisation et un peu de temps. Mais soyons honnête, ne vaut il pas mieux sacrifier un peu aujourd’hui plutôt que beaucoup demain? Cette notion est très difficile à envisager pour le cerveau humain, pourtant, c’est une réalité qu’il nous faut appréhender.

Et vous, quelles concessions êtes vous prêt à faire pour limiter la crise climatique à votre niveau?

Comment se déplacent les Français et les impacts (Ademe, 2019)

Pour en savoir plus sur la pollution des transports : https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-mobilite-10-questions.pdf

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